Phoniatrie

Voix cassée, enrouée… troubles de la voix.

Le Dr Elizabeth Fresnel, médecin phoniatre, c’est à dire spécialiste de la communication (voix, parole, langage, audition), nous présente les caractéristiques de la voix et l’étape première des soins : le bilan phoniatrique.

La voix est caractérisée par 3 paramètres acoustiques

  • la hauteur ou fréquence ou tonalité : elle est exprimée en Hertz.
    La fréquence fondamentale est le nombre de cycles d’ouverture-fermeture des cordes vocales par seconde, rendant compte d’une voix grave, médium ou aigue naturellement. Dans la parole, la hauteur de la voix varie en permanence, c’est l’ intonation, qui lorsqu’elle est riche confère à la voix des qualités esthétiques et de communication.
  • l’intensité : exprimée en décibels, qui elle aussi varie dans la parole, permettant de passer d’une voix murmurée à une voix projetée. Elle est réglée par la pression d’air sous glottique.
  • le timbre : qui permet d’identifier une voix et de la reconnaître. Il est en général décrit par des adjectifs , tels qu’une voix « chaude, nasillarde, métallique, sexy … ».
    La mobilité du voile du palais et de la langue, la tonicité des lèvres et des joues jouent un rôle important dans sa richesse, de même que la qualité de la muqueuse qui tapisse les cavités de résonance.

Le bilan phoniatrique

le bilan phoniatrique permet de faire un diagnostic de l’altération de la voix ou dysphonie.
Il dure entre 30 et 45 minutes et est totalement indolore.

Il se déroule en 3 étapes :

  1. l’ interrogatoire est sans doute l’étape la plus longue et la plus riche d’informations. Il permet de comprendre la plainte du patient, de connaître les conditions d’utilisation de la voix , et d’en faire dans le même temps l’analyse perceptive.
    S’agit-il d’un professionnel de la voix parlée, chantée ou projetée ?
    Les plaintes les plus fréquentes sont la fatigue et le forçage vocal. On notera l’ancienneté des troubles, les conditions de survenue, les capacités de récupération.
    On recherche les symptômes associés (inconfort, toux, tics de raclement de gorge) et les facteurs favorisants ou aggravants (tabagisme, reflux gastro oesophagien, allergie).
    Dans le même temps on appréciera les contraintes professionnelles, le retentissement psychologique de la dysphonie, la respiration, la posture, les tensions.
  2. l’analyse acoustique de la voix parlée avec mesure de la fréquence fondamentale, exprimée en Hertz, qui représente le nombre de cycle d’ouverture-fermeture des cordes vocales par seconde.
    Elle est en moyenne de 100 Hz chez l’homme et 200 Hz chez la femme, pour une voix qui est dans le médium.
    Cette mesure est faite sur la lecture d’un texte standard en utilisant un collier porteur d’électrodes (électrolaryngographie). On évalue aussi la régularité de la voix et les capacités d’intonation.
  3. l’endoscopie du larynx avec une fibre optique rigide.
    • avec un endoscope rigide, au dessus de la langue qui est tirée.
    • couplée à une stroboscopie quand cela est possible, riche d’informations.

    On apprécie :

    • la morphologie des cordes vocales (couleur, longueur),
    • leur intégrité (absence ou présence de lésion),
    • leur mobilité,
    • la qualité de l’ accolement en fermeture,
    • la présence de l’ ondulation muqueuse en stroboscopie (rigidité).

Au terme de ce bilan, une prise en charge adaptée est proposée.